SCISSORING : mythe, légende ou incontournable lesbien ?

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Dessin au trait de deux personnes lesbiennes non-binaires en train de faire du scissoring

C'est mon tout premier article pour Bold Humans, et je dois dire que c'est un sujet aussi fun que controversé. Je m'appelle Jules, je suis une personne lesbienne non-binaire de 30 ans (pronoms they/them), et je suis là pour te raconter mon merveilleux voyage dans le monde du scissoring !

DISCLAIMER : dans cet article, je décris mes propres expériences du scissoring, et elles se limitent à du vulve contre vulve. Il existe plein d'autres options quand il y a des pénis dans l'équation, et c'est tout aussi chouette ! Mais je ne peux parler que de mon propre vécu.


Comme toute bonne autrice, j'ai commencé par une petite recherche google sur le terme. La première chose qui apparaît, c'est, hélas, du porno lesbien sur pornhub. Mon aversion pour le scissoring a commencé à l'adolescence, quand j'ai remarqué que tous les mecs cishet autour de moi partaient du principe que c'était la seule position sexuelle lesbienne légitime. Ou, pour reprendre les paroles immortelles de Mr. Garrison dans South Park :
« Franchement, je ne comprends pas comment deux femmes peuvent faire l'amour. Enfin, à moins qu'elles fassent une sorte de scissoring ou un truc comme ça… »
Ces mecs cishet avaient une vision du sexe tellement limitée que tout ce qu'ils arrivaient à imaginer, c'était des lesbiennes qui se cognent les parties génitales l'une contre l'autre, comme eux frottent leur truc contre l'entrejambe de leur partenaire, et ils n'étaient pas assez créatifs pour envisager autre chose. Voilà donc, avec South Park, ma toute première introduction au monde merveilleux du scissoring. Résultat : je ne croyais pas que ça existait vraiment. J'étais convaincu·e que c'était un mythe.

Avance rapide jusqu'à mes 24 ans : j'avais une copine et, pendant qu'on faisait l'amour, elle m'a soudain demandé si je voulais essayer le scissoring. Comme je suis plutôt du genre à dire oui à tout, j'ai accepté. Surtout au lit : je suis le genre de personne qui veut tout essayer au moins une fois, sauf si c'est une limite absolue. Qu'est-ce que ça pouvait faire de mal ?
On a mis nos corps en position et on a maladroitement collé nos vulves l'une contre l'autre. Au bout de quelques secondes, je lui ai demandé : « Ça te fait quelque chose, à toi ? » Elle a répondu, l'air de rien : « Pas vraiment. »
On est donc passées à une autre position. (Je peux affirmer sans hésiter, aux mecs de ma jeunesse qui pensaient que le scissoring était vraiment la seule option, qu'on dispose d'un Smörgåsbord d'autres possibilités.) Après cette expérience, j'étais définitivement persuadé·e que le scissoring devait être un mythe. Ça ne faisait rien ni à moi ni à ma copine de l'époque, donc ça ne pouvait pas exister.

J'avais tort !

Il y a un peu plus de deux ans, j'ai rencontré ma partenaire actuelle (pronoms they/them aussi). Notre premier rendez-vous était plutôt sauvage : une heure et demie après le début, on avait déjà des relations sexuelles bien torrides. À 20 h, on a fait une petite pause, j'ai préparé des nuggets de poulet en attendant notre chinois à emporter, je me suis fait baiser encore une fois pendant que je cuisinais, et après le repas on a repris nos activités sexuelles dans la chambre. C'est là que c'est arrivé.
Je ne sais pas trop comment on en est arrivé·es là, mais à un moment je bougeais les hanches d'une certaine façon. Ce à quoi ma partenaire, penché·e au-dessus de moi, a répondu avec un grand sourire : « Ah, tu veux faire du scissoring ? » J'ai ri et je lui ai raconté ma courte histoire avec le scissoring, et iel m'a répondu : « on pourrait réessayer... Tu t'y es peut-être mal pris·e la première fois ? »
Je me sentais tellement bien avec iel que j'ai dit oui, et à ce moment-là, j'ai été complètement démenti·e. Le scissoring, c'était INCROYABLE ! Et depuis, c'est devenu un vrai classique de notre arsenal de positions.

Alors, qu'est-ce qui avait changé ? Voici les conseils de Jules pour une séance de scissoring parfaite ! (Essaie de répéter ça dix fois très vite)

Lubrification

Les vulves doivent être

super mouillées et bien glissantes. C'était ma première erreur : avec mon ex, on collait juste nos vulves à sec. Rends-les bien glissantes. Soit vous vous léchez énergiquement l'une l'autre avant (avec beaucoup de salive), soit tu utilises du lubrifiant. Ou les deux ! Le lubrifiant est toujours un très bel ajout, quoi que tu fasses au lit. L'idée, c'est que vos vulves puissent vraiment glisser l'une contre l'autre.

(Petite note : utilise du lubrifiant à base d'eau si tu veux ajouter des toys en silicone !)

Position

C'est vraiment la partie la plus difficile. Trouver la position parfaite pour le scissoring peut prendre du temps, même pour deux lesbiennes chevronnées comme ma partenaire et moi. Ce qui marche le mieux pour nous, c'est d'« accrocher » nos jambes l'une à l'autre, comme l'illustration classique de deux ciseaux. En général, je suis allongé·e sur le dos, une jambe tendue devant moi, pliée au genou, et l'autre jambe plutôt sur le côté. Ma partenaire attrape alors la jambe que j'ai tendue et la chevauche par en dessous avec sa vulve, comme ça iel a quelque chose à quoi se tenir pendant qu'iel se frotte. Pour pimenter encore (et c'est très chouette pour celleux qui aiment les pieds), iel attrape parfois ma jambe et embrasse mes pieds pendant qu'iel se frotte. Les deux clitos doivent toucher quelque chose, mais pas forcément l'un l'autre ! C'est important. En général, nos clitos frottent contre les cuisses de l'autre. Ça peut prendre un moment de trouver la bonne position. Ne te décourage pas ! Sois patient·e et continue d'essayer jusqu'à trouver le point sensible, au sens littéral.

Mouvement

C'est vraiment un frottement rythmé, pas des à-coups. La personne top peut mener le mouvement (ça aide si elle a de l'expérience avec le strap-on, parce qu'elle a déjà ce « mojo » du déhanché, comme je l'appelle). La personne bottom suit ensuite avec ce qui lui procure le plus de plaisir. Suivez le rythme de l'autre et, une fois que vous êtes dans le flow, la sensation est incroyable !
Ça aide aussi d'avoir l'habitude de se frotter contre des coussins ou d'autres parties du corps, d'ailleurs. C'est exactement ce genre de mouvement que vous faites l'une sur l'autre.

Les petits plus

Pimente le tout avec des toys ! Mon préféré, c'est de placer la tête d'un magic wand entre les deux clitos, comme ça vous vous frottez toutes les deux sur le wand. J'imagine que ça peut aussi très bien marcher avec des personnes qui ont un pénis. Si tu as du mal à trouver une bonne position, utiliser un magic wand comme buffer peut être une super solution. Il suffit de veiller à ce que ton clito reste sur le magic wand.
Une autre option, c'est de mettre un dildo double dans les deux vagins, mais je n'ai personnellement pas d'expérience là-dessus. Une autre idée sympa : avoir chacune un œuf vibrant télécommandé à l'intérieur.

J'espère avoir réussi à déboulonner le mythe du scissoring avec tout ça !
Et mes chéri·es, si tu essaies et que tu décides finalement que ce n'est pas pour toi : aucun souci. Fais ce qui te fait du bien !

(tous les dessins de cet article ont été réalisés par Bo Standaert, d'après des images faites par Jules et sa partenaire)

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